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Des films d’auteur à OVNI(s), Melvil Poupaud, l’acteur qui séduit la galaxie cinéma

L’acteur est à l’affiche de la nouvelle Création Originale OVNI(s), à découvrir dès maintenant sur CANAL+. En quelques années, il est devenu un comédien dont on ne peut plus se passer.

Dans OVNI(s), ses nerfs sont mis à rude épreuve : il incarne Didier Mathure, brillant ingénieur spatial à la moustache malicieuse. Problème, sa fusée a explosé en plein vol.

Mis au placard, le malheureux scientifique se retrouve promu à la tête du GEPAN, un service traquant les soucoupes volantes… Un véritable enfer pour cet esprit cartésien, qui tombe sur une équipe de doux dingues vivant sur une autre planète.

Comme son personnage, Melvil Poupaud sait aussi s’adapter à toutes les situations. Fils de l’attachée de presse Chantal Poupaud, il a grandi entouré par une foule d’artistes et d’intellectuels. Celui qui, enfant, tourne de petits films au caméscope, entre très tôt dans le cinéma.

À 10 ans, il joue déjà chez Raoul Ruiz (réalisateur avec qui il collaborera à de nombreuses reprises), dans La Ville des pirates (1983), film à l’univers onirique.

Avec ce premier cachet, ce fan invétéré de Bob Dylan s’achètera une batterie pour accompagner son grand frère, le guitariste Yarol Poupaud (FFF, Johnny Hallyday…).

Ados, les deux frangins, qui habitent à deux pas des cinémas du Quartier latin à Paris, se font une culture musicale et cinématographique pointue, axée sur le Hollywood classique, comme le raconte Yarol dans son autobiographie, Électrique.

S’il joue du rock avec son frère (au grand dam du voisinage), ça n’empêche pas Melvil de se lancer dans une carrière d’acteur prometteuse.

En 1989, pour La Fille de 15 ans de Jacques Doillon (avec Judith Godrèche), le voilà nommé au César du meilleur espoir masculin. Mais c’est grâce à L’Amant de Jean-Jacques Annaud que le grand public le remarque.

Dès lors, l’acteur compte dans le cinéma d’auteur. Chez Éric Rohmer, plus chevelu que jamais, on le retrouve en cœur d’artichaut (Conte d’été, 1996, ci-dessus) qui fait tourner toutes les têtes, puis, beaucoup plus inquiétant, dans Le Journal du séducteur de Danièle Dubroux.

Dans les années 2000, collaborant aussi bien avec Raoul Ruiz que de jeunes cinéastes (Graham Guit), jouant par la première fois pour une production américaine (Le Divorce de James Ivory, avec Kate Hudson et Naomi Watts), Melvil Poupaud s’impose naturellement. Il devient un incontournable du cinéma français.

On le voit aussi bien chez François Ozon (en photographe trentenaire malade dans Le Temps qui reste) que Noémie Lvovsky (Les Sentiments) ou Arnaud Desplechin (la réunion familiale acide Un conte de Noël). Dans des rôles souvent intenses et tourmentés, en somme.

En 2012, il livre une de ses plus belles partitions, en jeune femme transgenre dans Laurence Anyways de Xavier Dolan (ci-dessous). Un rôle fort, comme celui d’Alexandre dans Grâce à Dieu, un père de famille qui se bat contre la pédophilie dans l’église, toujours chez Ozon.

Pour autant, cet artiste touche-à-touche (il est musicien, écrivain, réalisateur…) n’a pas peur de la comédie, ni de développer un personnage dans une série.

Il n’a ainsi pas hésité à enfiler le costard de Didier Mathure, avec son « brin de folie ». « Je me disais qu’il y avait à la fois les années 1970, un jeu sur les costumes, sur le look, que je n’avais pas encore exploré ; le fait d’avoir une grosse moustache, des cols pelle à tarte … Je me suis dit que j’allais m’éclater », a expliqué l’acteur au micro de Serieland. Et en voyant OVNI(s), on veut bien le croire…

OVNI(s), une Création Originale CANAL+, 12 épisodes de 30 minutes, à voir sur CANAL+.