Men in Black, une saga venue d’ailleurs
Adaptation culte d’une obscure série de comics de Marvel, la trilogie réalisée par Barry Sonnenfeld entre 1997 et 2012 est un bonbon acidulé qui conserve toute sa saveur aujourd’hui. Alors que la trilogie Men in Black est à nouveau visible sur CANAL+, retour sur cette référence incontournable de la pop culture.
Un look immédiatement reconnaissable
À la fin des années 1990, les extraterrestres et le complotisme sont déjà à la mode aux Etats-Unis. La série X-FILES (Disney+) devient un phénomène en surfant sur ces deux filons et des blockbusters comme STARSHIP TROOPERS (Paul Verhoeven, 1997) s’engouffrent aussi dans la brèche. Mais dans cet âge d’or de la science-fiction hollywoodienne, l’humour reste un peu en retrait, à l’exception du génial MARS ATTACKS! (Tim Burton, 1996).
C’était sans compter sur Barry Sonnenfeld, qui, auréolé du succès de ses deux films sur LA FAMILLE ADDAMS (1991 et 1993), se lance dans l’adaptation de l’univers très sombre des comics MEN IN BLACK, avec la bénédiction d’un certain Steven Spielberg à la production. Il associe Tommy Lee Jones au jeune Will Smith, et leur fait enfiler des costards noirs et des Ray-Ban pour enquêter en secret sur les infractions commises par les aliens présents sur notre planète.

Un bestiaire de folie
Armés d’énormes flingues high-tech et de leurs célèbres « neurolasers » qui permettent d’effacer la mémoire à court terme des New-Yorkais témoins de ces événements gênants, les deux compères incarnent comme personne une certaine idée du cool de l’époque, d’autant qu’ils sont confrontés au quotidien à un bestiaire d’une incroyable créativité – les effets spéciaux sont d’un sacré niveau – qui tranche avec les clichés habituellement associés aux aliens dans le genre.
La dynamique comique du duo – un débutant exubérant et un vétéran flegmatique qui doit le former – est excellente, et le casting s’enrichira au fil des épisodes de jolies trouvailles, de Rosario Dawson à Emma Thompson en passant par Josh Brolin, sans oublier les apparitions très drôles de stars de la pop comme Michael Jackson, Lady Gaga ou encore Sylvester Stallone.

Des films qui ont du chien
La trilogie MEN IN BLACK, c’est une certaine idée d’un grand n’importe quoi assez jouissif, symbole d’une époque où l’on prenait plus de risques à Hollywood – il n’y a qu’à voir l’ambition des décors, déments –, en n’hésitant pas à faire chanter à un adorable chien (Frank le Carlin) le I WILL SURVIVE de Gloria Gaynor, ou à le faire aboyer en rythme avec le WHO LET THE DOGS OUT de Baha Men.
Le premier épisode de la saga a même offert un tube planétaire à Will Smith, qui a laissé son costume au placard en même temps que Tommy Lee Jones après un MEN IN BLACK 3 (2012) réussi, pour laisser la place à Chris Hemsworth et Tessa Thompson dans un spin-off mitigé, MEN IN BLACK: INTERNATIONAL (F. Gary Gray, 2019).
Depuis, la passion de la population pour les extraterrestres et les théories du complot n’a pas faibli, mais les hommes noirs sont étrangement portés disparus. Peut-être est-il temps de les rappeler ? HERE COME THE MEN IN BLACK, GALAXY DEFENDERS!




