Tulsa King (Paramount+), le premier grand rôle de Sylvester Stallone dans une série
Série la plus attendue du lancement de la plateforme, Tulsa King constitue un petit événement dans la longue carrière de son acteur principal, désormais âgé de 76 ans. Pour autant, la présence de Sylvester Stallone ne constitue pas la seule bonne nouvelle de cette dramédie mafieuse qui ne se prend pas trop au sérieux.
Une mise au placard
"We're moving to Tulsa!" En 2002 déjà, cette ville américaine de l'Oklahoma était au centre d'un arc narratif hilarant de Friends (Netflix), mettant en scène Chandler et Monica. Vingt ans plus tard, voilà que Tulsa sert à nouveau de trou paumé où un personnage new-yorkais de série est envoyé contre son gré. Cette fois, il s'agit d'un vieux gangster qui vient tout juste de retrouver la liberté après 25 ans derrière les barreaux.
Après avoir gardé le silence pendant tout ce temps et perdu le contact avec sa famille, ce capo du nom de Dwight Manfredi – mais qui se fait appeler "Le Général" – pense que ses anciens collègues de la mafia vont lui dérouler le tapis rouge pour son retour à New York. Mais de l'eau a coulé sous les ponts, et le septuagénaire n'est plus le bienvenu dans les affaires de la famille : il est exilé à Tulsa pour y créer une nouvelle antenne de la mafia en partant de rien.
Problème : cette ville de l'Oklahoma n'a rien à voir avec New York. C'est le cœur de la "Bible Belt", cette Amérique profonde très conservatrice et religieuse du Sud du pays, déjà au cœur de la série Watchmen (HBO), qui s'ouvrait sur le massacre raciste de Tulsa. Ici, les bandits de grand chemin comme Dwight sont rares, ce qu'il remarque dès son arrivée à l'aéroport.

Un rôle à la mesure de Stallone
La série exploite à fond le décalage entre les méthodes très musclées de son anti-héros héritier de la figure mafieuse tutélaire Tony Soprano (HBO), et une population locale paisible, estomaquée de voir débarquer un gros bonnet pareil. Car Dwight a beau être aussi largué par les évolutions technologiques des 25 dernières années – comme Uber ou l'iPhone, ce qui alimente la dimension comique de la série –, il sait toujours comment mettre la main sur un commerce.
Il le montre dans le premier épisode avec une boutique qui vend de la marijuana en toute légalité et n'a donc pas besoin de ses services, comme tente de lui expliquer le gentil gérant qui plane un peu, joué par l'impayable Martin Starr de Silicon Valley (HBO). Ne croyez donc pas que Tulsa King est un thriller sombre sur la mafia, puisque la série assume totalement ses invraisemblances et ses excès, qui servent en fait à mettre en valeur l'immense star qu'est Sylvester Stallone.
Après plus de cinquante ans de carrière, le distributeur de mandales le plus célèbre du cinéma américain fait sa première apparition dans un rôle principal de série. Il est peut-être un peu rouillé, mais il n'a aucune difficulté à glisser sa carrure impressionnante dans le costume de ce vieux mafieux paumé et ne comprenant rien à sa ville et son époque.

Une série sous l'influence HBO
Et outre son charisme et sa bouille légendaires, il sait encore mettre au tapis en un coup ceux qui se mettent en travers de son chemin, ce dont la série s'amuse dès le premier épisode avec le pauvre Vincent Piazza, qui retrouve un rôle de gangster après Boardwalk Empire (HBO), une référence de la série sur la mafia que l'on doit à Terence Winter, justement l'un des deux showrunners de Tulsa King.
Cet ancien scénariste des Soprano, de Vinyl (HBO) et du Loup de Wall Street (Martin Scorsese, 2013) est accompagné par un autre nom qui compte en ce moment : Taylor Sheridan, réalisateur et scénariste également responsable entre autres de Yellowstone, la série western qui cartonne avec Kevin Costner, et Mayor of Kingstown, une autre série disponible au lancement de Paramount+, avec Jeremy Renner dans le rôle principal.
On retrouve également un autre vétéran des séries HBO – et notamment des Soprano – à la réalisation des deux premiers épisodes de Tulsa King : Allen Coulter. Devant la caméra, les fans de The Wire (HBO) reconnaîtront Domenick Lombardozzi, mais le casting compte aussi Dana Delany (Desperate Housewives), Garrett Hedlund (Mosaic), Max Casella (Les Soprano) et Andrea Savage (Veep), dans le rôle d'une agente de la police fédérale qui se retrouve sous le charme d'un criminel qui a 25 ans de plus qu'elle. Improbable ? Peut-être, mais c'est Sylvester Stallone, et ça marche tellement bien que la série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison par Paramount+.

Tulsa King épisodes 1 à 9, en ce moment sur Paramount+, disponible avec CANAL+.



