Fubar (Netflix) : comme Stallone, Schwarzy a enfin sa série !
À 75 ans, Arnold Schwarzenegger n'a rien perdu de son humour ni de sa capacité à distribuer des mandales à l'écran. Il le prouve avec Fubar, une comédie d'action et d'espionnage qui multiplie les références à sa longue carrière et constitue surtout son tout premier rôle principal dans une série. Ça se fête, non ?
Deux vilains menteurs
La parentalité n'est pas une responsabilité facile, mais elle l'est encore moins quand on est un agent secret de la CIA et qu'on doit constamment mentir à sa famille pour expliquer pourquoi on part tout le temps à l'autre bout du monde. Cette situation inconfortable, Luke Brunner la connaît par cœur : pendant quarante ans, il a sauvé le monde en se faisant passer auprès de ses proches pour un commercial qui vend… du matériel de musculation (vous avez la référence ?).
Cela lui a coûté son mariage – il est divorcé depuis des années – et une relation sincère avec sa brillante fille, Emma. Arrivé à 65 ans, Luke pensait pouvoir enfin profiter de la retraite pour reconquérir son ex, mais c'était sans compter sur une révélation choc : cela fait des années aussi que sa fille travaille sur le terrain pour la CIA.
Et comme Luke apprend la nouvelle lors d'une dangereuse mission d'exfiltration d'Emma, les deux vilains menteurs n'ont pas vraiment le temps de tergiverser. Poursuivis à travers le monde entier par un dangereux trafiquant d'armes qui veut leur peau, ils doivent survivre en apprenant à se connaître puisque finalement, ils ne savent rien l'un sur l'autre.

Une série qui ne se prend pas au sérieux
Aucun enjeu dramatique ici : Fubar est une pure comédie qui mêle action et espionnage à la manière d'un James Bond ou du récent Ghosted sur Apple TV+. Schwarzenegger n'a jamais manqué d'autodérision, et il le prouve une nouvelle fois ici en n'hésitant pas à se ridiculiser en vieux papa boomer et conservateur, complètement dépassé par le talent et l'indépendance de sa fille fictive, brillamment incarnée par Monica Barbaro (Top Gun: Maverick).
Et même si le scénario ressemble beaucoup à un remake officieux de True Lies (1994), le film de James Cameron où Schwarzy cachait les mêmes secrets à sa famille – on retrouve d'ailleurs dans la série l'un des acteurs du film, Tom Arnold –, on ne peut pas s'empêcher de voir dans Fubar une mise en abyme de la vie personnelle mouvementée de l'ancien Gouverneur de Californie, largement médiatisée par la presse people ces dernières années.
En anglais, Fubar est d'ailleurs un acronyme qui signifie "Fucked Up Beyond All Repair" (foutu au-delà de toute réparation possible), mais ce n'est assurément pas le cas de la carrière d'Arnold Schwarzenegger.

Un Schwarzy bien entouré
Redevenu acteur à temps plein, il enchaîne à nouveau les projets et semble retrouver une seconde jeunesse, comme son collègue Sylvester Stallone, lui aussi à l'affiche de sa première série avec Tulsa King (Paramount+).
Et pour sa première grande expérience dans le genre, Schwarzy a été bien entouré par Netflix. Outre Monica Barbaro, on retrouve en effet Gabriel Luna – avec qui il partageait l'affiche dans Terminator: Dark Fate (Tim Miller, 2019) – dans le rôle du grand méchant ou encore Fortune Feimster (Yes Day, Barb et Star) et Travis Van Winkle (You) dans ceux des collègues de la CIA qui font des blagues à distance pendant les moments les plus tendus, à la manière de Q dans James Bond.
Le showrunner de la série n'est pas un inconnu non plus, puisqu'il s'agit de Nick Santora, qui a été pendant plusieurs années le patron de la série Scorpion, après avoir contribué à l'écriture des Soprano et de Prison Break. Quant au réalisateur du premier épisode, il n'est autre que Phil Abraham, récompensé pour son travail sur le chef-d'œuvre Mad Men (OCS). Il ne vous reste donc plus qu'à faire chauffer le pop-corn et à profiter de l'action.

Fubar épisodes 1 à 8 sur Netflix, disponible avec CANAL+.


