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Séries : c’est toute l’année le mois des fiertés sur HELLO CANAL+

La chaîne cryptée n’a pas attendu la popularisation bienvenue du « Pride Month » pour proposer des histoires qui illustrent la diversité de la société et de la communauté LGBTQI+. Un peu plus de 25 ans après la création de la Nuit Gay (1995), CANAL+ se distingue en effet encore grâce à HELLO, une chaîne qui met en avant toute l’année le meilleur des séries, des films et des documentaires aux couleurs de l’arc-en-ciel. Aujourd’hui, petit tour d’horizon de quelques séries incontournables.

It's a Sin

Comment ne pas commencer par évoquer celle qui a été l’une des sensations de l’année 2021 ? Série dramatique bouleversante, It’s a Sin est la dernière-née du cerveau hyperactif de Russel T Davies, scénariste et producteur gallois dont toute la carrière a été marquée par l’engagement queer, depuis la création de la pionnière Queer as Folk en 1999 (CANAL+).

Avec It’s a Sin, il se confronte à un sujet très difficile mais qui lui tenait particulièrement à cœur : l’apparition du sida au début des années 1980, et ses ravages au sein de de la communauté gay londonienne. Mais en racontant l’histoire de trois jeunes homosexuels qui débarquent à Londres à l’époque pour échapper au regard réprobateur de leurs proches, Russel T Davies signe aussi une magnifique déclaration d’amour à une communauté flamboyante mais fauchée en plein vol.

It's a Sin épisodes 1 à 5, disponibles sur CANAL+.

Cucumber et Banana

Impossible de séparer ces deux autres séries imaginées par Russel T Davies quelques années avant It’s a Sin, puisqu’elles appartiennent toutes les deux à une trilogie avec la série documentaire Tofu. Cucumber se distingue immédiatement, puisqu’elle raconte les tribulations amoureuses d’un homme gay d’âge moyen (Henry Best), un profil assez rare dans la fiction et qui fait écho à la situation personnelle de Davies.

Grâce à un de ses personnages principaux (Dean Monroe), la série est directement connectée à Banana, une formidable anthologie composée de huit épisodes et autant d’histoires qui mettent en scène la jeunesse gay de Manchester, ville où Davies a grandi et dont la vie nocturne queer continue d’irriguer l’œuvre depuis Queer as Folk jusqu’à aujourd’hui. Si vous avez beaucoup pleuré devant It’s a Sin (ce qui est normal), ces deux comédies irrésistibles devraient vous consoler un peu.

Cucumber (huit épisodes) et Banana (huit épisodes), disponibles sur CANAL+.

All You Need

Et si on quittait un instant Manchester pour rejoindre une autre grand ville européenne connue pour sa communauté gay bouillonnante ? Avec la série allemande All You Need, on pose nos valises à Berlin, où deux anciens colocs habitués à enchaîner les relations tentent chacun de se poser dans un couple stable pour la première fois.

Il y a Vince, qui a un coup de foudre pour un coach sportif aussi séduisant que mystérieux, et Levo, qui emménage avec Tom, marié pendant des années à une femme et père d’un enfant, mais qui s’est décidé tardivement à sortir du placard et doit déjà renoncer à toutes les tentations qui font la réputation de la nuit berlinoise pour un homme gay...

Fort bien écrite, All You Need ne se contente pas de suivre les trajectoires hésitantes de ses personnages attachants : elle porte aussi un regard critique sur les différentes manifestations de l’homophobie aujourd’hui.

All You Need épisodes 1 à 5, disponibles sur CANAL+.

Man in an Orange Shirt

Puisque l’on parle d’homophobie, difficile de ne pas recommander le visionnage de cette mini-série en deux épisodes, qui a le mérite de montrer les ravages de ce triste phénomène à deux époques bien distinctes. La première partie prend en effet place dans les années 1940, où malgré la criminalisation de l’homosexualité et son mariage avec une femme, un capitaine de l’armée britannique (Michael) prend le risque de vivre une relation avec un homme. On vous laisse imaginer la réaction de l’épouse (Flora) du premier lorsqu’elle découvre la vérité dans l’Angleterre conservatrice et homophobe de l’époque…

Mais la grande idée de Man in an Orange Shirt, c’est de faire un énorme saut dans le temps pour nous propulser à l’époque actuelle dans son deuxième épisode, où Flora est cette fois grand-mère et confrontée une nouvelle fois à l’homosexualité, avec son petit-fils Adam, qui ne connaît pas encore le secret de son grand-père. Un voyage éprouvant mais émouvant, qui a aussi le mérite de montrer que le rejet de l’autre n’est pas une fatalité et que l’on peut apprendre à accepter la différence.

Man in an Orange Shirt épisodes 1 à 2, disponibles sur CANAL+.

Pose

Et quelle plus belle ode à la différence que Pose, série historique pour la représentation des personnes transgenres, puisqu’elle compte le plus large casting d’actrices trans de l’histoire de la télé américaine.  Pendant trois saisons, on a adoré suivre les personnages uniques de cette série qui nous a aussi fait découvrir la popularisation de la Ball culture – aujourd’hui devenue mainstream grâce entre autres à RuPaul’s Drag Race – dans le New York underground queer, noir et latino de 1987, en plein pendant les années fric symbolisées par Ronald Reagan et la Trump Tower.

Et comment oublier le personnage de Blanca Rodriguez, cette femme trans magnifiquement incarnée par Mj Rodriguez, actrice entrée dans l’histoire en 2021 en devenant la première trans à être nommée pour l’Emmy Award de la meilleure actrice, après le précédent déjà historique d’un autre acteur de la série (Billy Porter), premier acteur noir ouvertement gay à remporter l’Emmy Award du meilleur acteur en 2019. Pose a quitté nos écrans il y a seulement un an, mais elle nous manque déjà.

Pose saisons 1 à 3, disponibles sur CANAL+.

The L Word : Generation Q

En matière de représentations marquantes de l’homosexualité dans les séries, The L Word se place très haut. Quand la série d’Ilene Chaiken débarque en 2004, c’est une révolution : on n’avait jamais vu un tant d’héroïnes lesbiennes et bisexuelles dans une série, ni les relations sexuelles lesbiennes filmées de cette façon à la télévision. Bref, The L Word est une série aussi pionnière que culte désormais, ce qui explique pourquoi une suite a été lancée en 2019 avec de nouveaux personnages, mais surtout le retour de Jennifer Beals, Katherine Moennig et Leisha Hailey, toutes les trois présentes au casting de la série d’origine.

Même si on a changé d’époque et de quartier à Los Angeles, Generation Q ne s’écarte pas trop de la recette qui a fait le succès de The L Word à l’époque : du drama en pagaille au sein d’un groupe de personnages LGBTQI+ très attachants, qui se lancent parfois dans des scènes de sexe assez torrides, même si en 2022, tout cela n’est plus si sulfureux, et heureusement. Bonne nouvelle pour les fans : la série a été renouvelée pour une troisième saison.

The L Word : Generation Q saisons 1 et 2, disponibles sur CANAL+.

#Luimelia

Véritable phénomène en Espagne, où elle est soutenue par des hordes de fans passionnées, cette série offre une vision moderne du lesbianisme très différente de The L Word. Elle met en scène la relation naissante entre deux jeunes femmes en déjouant tous les clichés sur les lesbiennes, et en abordant avec beaucoup d’humour et de justesse des problèmes qui enflamment la société aujourd’hui.

Les épisodes sont courts, rythmés et très bien écrits, mais Luimelia bénéficie aussi de l’alchimie parfaite entre ses deux actrices principales, Paula Usero et Carol Rovira, qui rendent les personnages et la série irrésistiblement attachants. Un esprit de mignonnerie d’ailleurs assez unique se dégage de Luimelia, tranchant avec l’habitude tenace de réserver des scénarios tragiques aux couples lesbiens. Autrement dit, Luimelia est une série qui fait du bien, et qui le fait très intelligemment, donc son visionnage est recommandé à tout le monde, surtout en cas de déprime.

#Luimelia saisons 1 à 3, disponibles sur CANAL+.

Work in Progress

Enfin, cette sélection ne serait pas complète sans la présence d’Abby, l’héroïne tourmentée de Work in Progress incarnée par Abby McEnany dans une version romancée d’elle-même qui entame une relation décisive avec un homme trans. Comédie parfois très noire – Abby se qualifie de « grosse gouine queer » –, Work in Progress sait aussi faire preuve de beaucoup d’intelligence et de sensibilité dans la représentation de la dépression d’Abby, le fameux « chantier en cours » évoqué par le titre de la série.

Il faut dire qu’elle compte parmi ses scénaristes une certaine Lilly Wachowski, véritable légende (Matrix, Sense8) transgenre. Série absolument unique en son genre, Work in Progress montrait aussi des personnages LGBTQI+ que l’on ne voyait quasiment jamais sur le petit écran. Mais si on en parle au passé, c’est parce qu’elle a malheureusement été annulée après deux saisons.

Work in Progress saisons 1 et 2, disponibles sur CANAL+.